Biodiversité marine : le Sénégal accélère la ratification de l’accord BBNJ avec l’appui du PNUE


Rédigé le 19 Avril 2026 à 18:14 | 0 commentaire(s) modifié le 19 Avril 2026 18:30


EMA - Rattaché à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, l’accord BBNJ encadre la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.


Le Sénégal franchit une étape décisive dans la gouvernance de ses ressources marines. Le 16 avril 2026, une réunion stratégique s’est tenue à Dakar autour des activités habilitantes liées à l’accord BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction), traité international majeur pour la protection de la biodiversité en haute mer. 


Un accord historique pour les océans


Rattaché à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, l’accord BBNJ encadre la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Entré en vigueur le 17 janvier 2026, après près de vingt années de négociations et 60 ratifications obtenues en septembre 2025, il comble un vide juridique longtemps constaté dans les eaux internationales.


Le Sénégal engagé dans la ratification


Avec l’appui du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le Sénégal a déjà validé le texte en Conseil des ministres. Le dossier est désormais au Parlement, étape décisive avant la ratification officielle par le président de la République. Cette dynamique confirme l’engagement du pays en faveur d’une gouvernance durable des océans.


Une innovation majeure pour la gestion des ressources marines


L’accord introduit des avancées inédites, notamment en matière de conservation des ressources génétiques marines. Il prévoit également le renforcement des capacités des pays à faible revenu et l’utilisation de technologies modernes de surveillance pour garantir l’efficacité des mesures.


Mobilisation nationale et changement de paradigme


Les autorités sénégalaises ont lancé un processus inclusif impliquant institutions, acteurs de l’État en mer et communautés côtières. L’objectif est de sensibiliser sur l’interconnexion des écosystèmes marins : les activités en haute mer ont des répercussions directes sur les zones littorales. Le paradigme de gestion évolue ainsi vers une approche intégrée, allant des estuaires aux zones internationales. 


Leadership régional à consolider


Fort de son expérience dans la gestion des aires marines protégées, le Sénégal ambitionne de créer des zones protégées en haute mer et de jouer un rôle moteur au sein de la CEDEAO. Une réunion récente à Abuja illustre cette volonté de bâtir un cadre régional de gouvernance, malgré les défis à relever.


Vers une ratification prochaine


Le processus parlementaire suit son cours, avec plusieurs étapes institutionnelles à franchir avant l’adoption en séance plénière. L’optimisme reste de mise : la ratification du BBNJ est considérée comme une priorité nationale, déjà évoquée lors des débats budgétaires.

Moctar FICOU

Moctar FICOU


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