Entre réformes coup de poing et révélations ITIE
À Betaré Oya comme à Zembe Borongo, les bulldozers du ministère des Mines ont résonné comme un signal fort : l’ère de l’orpaillage anarchique touche à sa fin. Engins saisis, unités démantelées, sites libérés : la mission conjointe MINMIDT–SONAMINES–SNPPK–SED a marqué une rupture. Le Professeur Fuh Calistus Gentry l’a rappelé avec fermeté : « On ne peut pas engager l’exploitation semi-mécanisée dans un permis de recherche. »
Mais au-delà des opérations de terrain, c’est une véritable restructuration du secteur artisanal semi-mécanisé qui s’engage. Dès le 20 février 2026, les permis non conformes seront retirés, en application du Code minier de décembre 2023.
Les nouvelles règles du jeu
Désormais, tout opérateur doit respecter quatre obligations strictes :
Environnement : caution de 63 millions FCFA pour 21 hectares et certification de conformité. Fiscalité : 25 % d’impôt synthétique libératoire, 5 % de taxe d’exportation, 1,5 % pour le fonds de mise en œuvre de la politique minière. Production minimale : au moins 5 kg d’or par mois. Innovation technologique : migration obligatoire vers un système d’exploitation à vase clos sous six mois.
Ces conditions visent à aligner la production réelle sur les déclarations officielles et à sécuriser les recettes fiscales.
Les écarts révélés par l’ITIE
Les données ITIE confirment l’urgence :
Plus de 90 % de l’or échappe au circuit officiel, privant l’État de recettes et alimentant la contrebande. Ces écarts sont le miroir des failles de gouvernance que Yaoundé entend désormais combler.
Une souveraineté à reconquérir
La réforme camerounaise ne se limite pas à la répression. Elle vise à bâtir un cadre légal, fiscal et technologique capable de transformer l’or artisanal en ressource stratégique. En s’appuyant sur les données ITIE, l’État cherche à rétablir la confiance, capter les recettes fiscales et réduire les tensions locales autour des gisements.
Traçabilité pour la souveraineté : l’or camerounais ne doit plus être une richesse invisible. Les réformes en cours sont une étape décisive pour aligner transparence, fiscalité et durabilité.