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La plénière de juin 2026 du Groupe d'action financière (GAFI) marque un tournant pour la gouvernance financière africaine. En retirant simultanément l'Algérie et la Namibie de sa liste sous surveillance renforcée (dite « liste grise »), l'instance internationale envoie un signal fort aux marchés capitaux et aux multinationales opérant dans les secteurs clés des hydrocarbures et des mines.
Le maintien sur la liste grise impose un coût transactionnel élevé aux économies émergentes : exigences accrues de diligence raisonnable (Enhanced Due Diligence - EDD), ralentissement des transferts bancaires transfrontaliers et surcoûts de conformité.
La décision du GAFI vient sanctionner des progrès tangibles dans la mise en œuvre des plans d'action respectifs des deux nations :
Algérie : renforcement du cadre de supervision fondé sur les risques pour les institutions financières et non financières, couplé à une meilleure transparence des structures de propriété des entreprises.
Namibie : amélioration significative des mécanismes d'identification des bénéficiaires effectifs (Ultimate Beneficial Owners - UBO) et consolidation des capacités de poursuite judiciaire en matière de flux financiers illicites.
Légende : Bourse d'Alger et secteur financier algérien. Source : Monique Jaques / Corbis via Getty Images
Retombées directes sur les secteurs énergétiques et miniers
Pour l'Algérie, géant gazier du bassin méditerranéen, et la Namibie, hub émergent des métaux stratégiques (uranium, hydrogène vert, pétrole offshore), cette normalisation agit comme un accélérateur d'attractivité :
Légende : Projets miniers et extractifs en Namibie. Source : Namibia Trade Network
Les leçons pour l'Afrique de l'Ouest et l'écosystème financier régional
La sortie de la liste grise démontre que la mise aux normes internationales n'est pas une contrainte passive, mais un levier d'attractivité stratégique.
Pour les directions de conformité des banques régionales, les cabinets de conseil et les régulateurs d'Afrique de l'Ouest, deux priorités se dégagent pour maintenir le cap :
La transparence effective des bénéficiaires effectifs : la centralisation et la vérification des registres de bénéficiaires effectifs restent le critère n°1 scruté par les instances internationales pour couper le financement des réseaux illicites.
L'approche par les risques dans l'octroi des licences : une exigence renforcée lors de l'attribution des titres miniers et pétroliers pour éviter les montages opaques impliquant des personnes politiquement exposées (PPE).
En résumé, l'assainissement du cadre financier de l'Algérie et de la Namibie confirme que la transparence des flux financiers demeure la clé de voûte de la souveraineté économique et de l'accès aux capitaux globaux.