Contenu local au Sénégal : l’appel fondateur du ministre des Mines pour un financement endogène des industries extractives


Rédigé le 14 Septembre 2026 à 09:13 | 0 commentaire(s) modifié le 14 Septembre 2026 09:37

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

EMA - Le ministre des Mines et de la Géologie a livré un discours d’une haute portée stratégique, appelant à reconfigurer la capture de valeur au Sénégal à travers le financement des entreprises locales.


À l’occasion de la Journée Nationale de Réflexion organisée par l’Amicale des Ingénieurs Diplômés de l’ENSMG (ADEMIG), le secteur extractif sénégalais a franchi un cap doctrinal majeur. Venu représenter l’autorité étatique, le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, a livré un discours d’une haute portée stratégique, appelant à reconfigurer la capture de valeur au Sénégal.
 

L’électrochoc des chiffres ITIE


Tout en saluant le travail du secrétariat technique du Comité national de suivi du contenu local (ST-CNSCL) conduit par Mor Bakhoum, le ministre a rappelé la réalité des chiffres ITIE 2024 : si plus de 1 100 milliards FCFA d’achats ont été effectués auprès de fournisseurs établis au Sénégal (dépassant 50% des volumes), 86,4 % de la valeur globale de la production extractive quitte encore le territoire national. « Ce chiffre n'est pas un réquisitoire, il établit un fait : l'écart qui sépare la valeur produite de celle que nous retenons », a martelé le ministre.
 

Le marché financier et la monnaie locale au cœur de la bataille


Interpellant directement le secteur bancaire et la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), le ministre a soulevé le levier souvent oublié du contenu local : le financement. Pourquoi continuer à financer nos mines par de la dette levée à l’étranger en devises ? « Si nous finançons nos industries par de la monnaie locale via la syndication bancaire ou le marché financier régional, et que nos produits sont exportés, nous faisons entrer de la devise nette pour stabiliser notre économie et maîtriser notre endettement », a-t-il expliqué.

Pour le président de l’ADEMIG, Dr Ibrahima Diaw, et le secrétaire technique du ST-CNSCL, Mor Bakhoum, le constat est unanime : le Sénégal est sorti de la simple phase réglementaire pour entrer dans celle de l'exécution industrielle et du transfert de compétences.

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