Douanes du Nord : le « coffre-fort » septentrional pèse 17 milliards de FCFA


Rédigé le 28 Janvier 2026 à 09:17 | 0 commentaire(s) modifié le 28 Janvier 2026 12:56

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

EMA - Alors que le Sénégal amorce sa mutation vers la Souveraineté 2050, la Direction régionale des Douanes du Nord dévoile un bilan financier record et verrouille son dispositif sécuritaire.


C’est un exercice de transparence aux allures de démonstration de force. Ce lundi 26 janvier 2026, sur les boiseries du Conseil départemental de Saint-Louis, le directeur régional des Douanes du Nord (DRN), le colonel Ahmadou Thioye, a levé le voile sur les performances de ses unités. Dans un contexte marqué par l'éveil du hub gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et une pression migratoire persistante, les chiffres donnent le tournis : 17,035 milliards de FCFA mobilisés en 2025.

Le « jackpot » du contentieux

Si les recettes ordinaires (15,38 milliards de FCFA) constituent le socle de cette performance, ce sont les recettes contentieuses qui interpellent les analystes. Avec 1,655 milliard de FCFA issus des amendes et des saisies, la Douane du Nord prouve son agressivité face à une fraude qui ne dort jamais.

Cette manne financière n'est pas le fruit du hasard, mais celui d'un maillage territorial chirurgical entre Louga, Saint-Louis et Matam. Scanners mobiles, parcs automobiles renouvelés et effectifs renforcés : la direction régionale s’est dotée des outils d’une puissance émergente pour protéger son assiette fiscale.

Entre « Souveraineté 2050 » et omerta sécuritaire

Au-delà des milliards, le discours du directeur régional des douanes du Nord a marqué un tournant doctrinal. En invoquant l’Agenda national de transformation (Vision 2050), l’administration douanière revendique désormais une « souveraineté sécuritaire ». Ce n'est plus seulement une question d'argent, mais d'ordre public.

Sur le terrain, cette nouvelle doctrine se traduit par une vigilance extrême. Si l'accès aux patrouilles fluviales reste un secret jalousement gardé par la hiérarchie — signe d'une prudence accrue face aux enjeux transfrontaliers — la Douane n'en demeure pas moins le premier rempart sanitaire et social du pays.

La sentinelle de la Vallée du Rift

Le rôle de la Douane en 2026 s'étend désormais à des secteurs inattendus. Véritable « douane sanitaire », elle est en première ligne contre l'épidémie de la Vallée du Rift et protège le capital semencier national. Du contrôle des filets de pêche à la traque des faux médicaments via l'opération internationale CRIPHARM, les agents de Saint-Louis sécurisent bien plus que des marchandises : ils protègent la survie de l'industrie et de l'agriculture locale.

Pour les investisseurs et les acteurs économiques du Nord, le message est clair : la Douane de Saint-Louis a muté. Elle n'est plus un simple percepteur, mais la sentinelle d'un territoire en pleine explosion économique.


 

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