Focus EMA (Ép. 2) : Hydrocarbures – Comment le Sénégal a repris la main sur son gaz


Rédigé le 18 Mars 2026 à 21:17 | 0 commentaire(s) modifié le 19 Mars 2026 17:14


EMA - La Note de la Primature du 12 mars 2026 marque un tournant historique dans la gestion des blocs offshore sénégalais.


Dans le jargon pétrolier, on appelle cela des « actifs stratégiques ». Pour le citoyen sénégalais, c’est la promesse d’une énergie moins chère et d’une souveraineté retrouvée. La Note de la Primature du 12 mars 2026 marque un tournant historique dans la gestion des blocs offshore sénégalais. Loin des slogans, EMA décrypte les gains réels de cette nouvelle architecture contractuelle.

Yaakaar-Téranga : le retour dans le giron national

C’est sans doute l’annonce la plus spectaculaire du document. Le bloc gazier Yaakaar-Téranga, pilier de la stratégie "Gas-to-Power", change de main.
L'opération : Le Sénégal va reprendre ce bloc stratégique « sans avoir à débourser un seul franc ». Une prouesse de négociation qui permet à l'État de contrôler directement une ressource vitale pour sa production d’électricité future. L'objectif : Assurer que le gaz produit serve d'abord à alimenter les centrales électriques nationales avant d'envisager l'exportation.
GTA : 900 milliards de gains sur le marché local

Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), à la frontière avec la Mauritanie, entre dans une phase de vérité. La renégociation ne s'est pas faite contre les partenaires, mais pour un meilleur équilibre des richesses.
Le chiffre choc : L'approvisionnement du marché local en gaz naturel issu de GTA devrait générer un gain projeté de 900 milliards FCFA sur la période 2026-2040. L'impact : Ce gaz "domestique" est la clé pour faire baisser durablement les coûts de production industrielle et les factures d'électricité des foyers sénégalais.
Sécurisation du littoral : la fin des blocs « dormants »

La souveraineté, c'est aussi savoir dire non à la spéculation. Le gouvernement a acté le retrait de plusieurs titres sur des blocs stratégiques tels que Djiender, Saint-Louis peu profond ou encore Rufisque offshore.
Le constat : Trop de blocs restaient inexploités, gelant le potentiel énergétique du pays. La suite : Ces zones reviennent dans le portefeuille de l'État, prêtes à être réattribuées selon des termes plus avantageux et des calendriers d'exploitation plus rigoureux.
L'Analyse EMA

Pour ce deuxième volet de notre série, le constat est clair : le Sénégal sort d'une posture de simple "signataire de contrats" pour devenir un "gestionnaire d'actifs". En sécurisant le gaz pour le marché intérieur (Gas-to-Power), l'État ne cherche pas seulement des dividendes financiers, il cherche à bâtir un avantage compétitif pour toute son industrie. La question reste désormais celle de la capacité technique des entités nationales à opérer ces blocs avec la même rigueur que les majors internationales.
EMA


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