1. Contexte
Les statistiques de production déclarées dans le rapport 2024 ITIE Sénégal par la Direction générale des mines et de la généalogie (DGMG) pour l’année 2024 révèlent un paradoxe : elles offrent un aperçu des performances de certaines sociétés, mais demeurent incomplètes et fragmentaires. Plusieurs acteurs majeurs – ICS, Dangote, SSPT, SORED Mines – n’ont pas communiqué leurs données, ce qui limite la portée des chiffres disponibles. Cette situation soulève des interrogations sur la fiabilité des statistiques nationales et sur la capacité des institutions à assurer un suivi exhaustif.
2. Concentration sectorielle
La lecture des données met en évidence une forte concentration géographique et sectorielle : Or et argent (Kédougou) : La production est dominée par deux sociétés, SGO et PMC, qui concentrent l’essentiel de la valeur minière. L’or reste le moteur principal, représentant plusieurs centaines de milliards de FCFA. Ciment et matériaux de construction (Thiès, Dakar) : Les Ciments du Sahel, SOCOCIM et Les Ciments de l’Afrique structurent le marché, avec des volumes dépassant plusieurs millions de tonnes. La région de Thiès apparaît comme un hub industriel. Phosphates (Matam, Thiès, Diourbel) : SOMIVA, SEPHOS et BMCC assurent la production, mais l’absence des ICS – acteur historique et stratégique – crée un vide statistique majeur. Minéraux lourds (Thiès, Saint-Louis) : GCO domine largement avec zircon, ilménite et rutile, confirmant le rôle du Sénégal comme producteur de référence dans ce segment. Cette concentration traduit une dépendance à quelques pôles et entreprises, ce qui expose l’économie à des risques de vulnérabilité en cas de crise ou de retrait d’un acteur clé.
3. Enjeux de transparence
La non-communication des données par plusieurs sociétés met en lumière un déficit de transparence : Les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité complète du secteur. L’absence de reporting systématique fragilise la crédibilité des statistiques nationales. Les écarts entre données institutionnelles et celles des entreprises alimentent un climat d’opacité qui limite l’évaluation des retombées économiques et fiscales. La transparence est un enjeu central pour renforcer la redevabilité des entreprises extractives et pour permettre aux citoyens, chercheurs et décideurs d’apprécier l’impact réel des activités minières et industrielles.
4. Implications pour la gouvernance Politiques publiques : Sans données exhaustives, il est difficile de calibrer les politiques de développement, de fiscalité et de redistribution. Investissements : Les investisseurs internationaux recherchent des environnements où la traçabilité des flux est garantie. L’opacité statistique peut être un frein. Dialogue social : Les communautés locales, souvent affectées par les activités minières, manquent d’informations fiables pour évaluer les bénéfices et impacts. 5. Conclusion
La production déclarée en 2024 illustre à la fois la puissance de certains pôles industriels et miniers (Kédougou, Thiès, Dakar, Matam) et les failles de transparence qui persistent dans le secteur.
Pour consolider la gouvernance minière et industrielle, il est impératif de : instaurer un reporting obligatoire et harmonisé pour toutes les sociétés, renforcer les capacités institutionnelles de collecte et de diffusion des données, valoriser la transparence comme levier de crédibilité et d’attractivité économique.
2. Concentration sectorielle
La lecture des données met en évidence une forte concentration géographique et sectorielle : Or et argent (Kédougou) : La production est dominée par deux sociétés, SGO et PMC, qui concentrent l’essentiel de la valeur minière. L’or reste le moteur principal, représentant plusieurs centaines de milliards de FCFA. Ciment et matériaux de construction (Thiès, Dakar) : Les Ciments du Sahel, SOCOCIM et Les Ciments de l’Afrique structurent le marché, avec des volumes dépassant plusieurs millions de tonnes. La région de Thiès apparaît comme un hub industriel. Phosphates (Matam, Thiès, Diourbel) : SOMIVA, SEPHOS et BMCC assurent la production, mais l’absence des ICS – acteur historique et stratégique – crée un vide statistique majeur. Minéraux lourds (Thiès, Saint-Louis) : GCO domine largement avec zircon, ilménite et rutile, confirmant le rôle du Sénégal comme producteur de référence dans ce segment. Cette concentration traduit une dépendance à quelques pôles et entreprises, ce qui expose l’économie à des risques de vulnérabilité en cas de crise ou de retrait d’un acteur clé.
3. Enjeux de transparence
La non-communication des données par plusieurs sociétés met en lumière un déficit de transparence : Les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité complète du secteur. L’absence de reporting systématique fragilise la crédibilité des statistiques nationales. Les écarts entre données institutionnelles et celles des entreprises alimentent un climat d’opacité qui limite l’évaluation des retombées économiques et fiscales. La transparence est un enjeu central pour renforcer la redevabilité des entreprises extractives et pour permettre aux citoyens, chercheurs et décideurs d’apprécier l’impact réel des activités minières et industrielles.
4. Implications pour la gouvernance Politiques publiques : Sans données exhaustives, il est difficile de calibrer les politiques de développement, de fiscalité et de redistribution. Investissements : Les investisseurs internationaux recherchent des environnements où la traçabilité des flux est garantie. L’opacité statistique peut être un frein. Dialogue social : Les communautés locales, souvent affectées par les activités minières, manquent d’informations fiables pour évaluer les bénéfices et impacts. 5. Conclusion
La production déclarée en 2024 illustre à la fois la puissance de certains pôles industriels et miniers (Kédougou, Thiès, Dakar, Matam) et les failles de transparence qui persistent dans le secteur.
Pour consolider la gouvernance minière et industrielle, il est impératif de : instaurer un reporting obligatoire et harmonisé pour toutes les sociétés, renforcer les capacités institutionnelles de collecte et de diffusion des données, valoriser la transparence comme levier de crédibilité et d’attractivité économique.