Une décision historique adossée à la vision Sénégal 2050
C'est par ces mots que le ministre de l'Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane DIOUF, a ouvert aujourd'hui l'atelier national de haut niveau consacré à la mise en place du Comité stratégique et de l'Organe national de mise en œuvre du programme d'énergie nucléaire (NEPIO).
Inscrite dans l'Agenda national de transformation Sénégal 2050, la trajectoire est désormais tracée : le Sénégal comptera sur l'énergie atomique pour porter sa capacité électrique bien au-delà des 2 300 MW actuels et soutenir son industrialisation. « Le nucléaire n’est pas l’alternative au gaz ou aux renouvelables. Il est appelé à devenir l’un des piliers complémentaires d’un système énergétique résilient », a clarifié le ministre devant les ambassadeurs, les représentants de l'AIEA, de la Banque mondiale et des experts internationaux du Kenya et de la Pologne.
Méthode et Rigueur : l'approche par jalons de l'AIEA
Passer de l'ambition à la réalité exige une gouvernance sans faille. Le NEPIO devra agir comme la « tour de contrôle » du programme, coordonnant les régulateurs, les universités, le secteur privé, la sécurité et les finances publiques. S'appuyant sur l'approche par jalons de l'AIEA — structurée autour de 3 phases et 19 domaines d'infrastructure —, le Sénégal engage les études de préfaisabilité, le choix des modèles financiers et l'évaluation des technologies, avec une priorité absolue accordée à la sûreté et la protection radiologique (ARSN).
Capital humain et Industrie locale : préparer une génération
« Une centrale peut être construite en quelques années ; une compétence nucléaire nationale se construit sur une génération ». Au-delà du transfert d'ingénierie, le gouvernement entend faire participer le tissu économique national (construction, logistique, maintenance, services). La souveraineté énergétique ne résidera pas seulement dans la possession d'une centrale, mais dans la maîtrise technique et industrielle globale de la chaîne de valeur.
La communication : une « infrastructure » à part entière du programme
L'un des enseignements majeurs du discours ministériel réside dans la place accordée à l'information et à l'adhésion citoyenne. Qualifiée d’« infrastructure » du programme, la communication aura pour mission de bâtir la confiance par une information transparente et scientifique auprès de toutes les parties prenantes : élus, collectivités, universitaires, presse et société civile.
En structurant le NEPIO et en consolidant sa feuille de route cette semaine, le Sénégal affirme sa volonté de ne pas subir son avenir énergétique, mais de le bâtir avec méthode, rigueur et souveraineté.