Ozone et climat : le Sénégal, entre engagements, science et défis


Rédigé le 18 Avril 2026 à 22:36 | 0 commentaire(s) modifié le 18 Avril 2026 22:51

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

EMA - Depuis la ratification de la Convention de Vienne et du Protocole de Montréal en 1993, le Sénégal s’est inscrit dans une trajectoire exemplaire.


Le 13 avril 2026, à Dakar, le bureau national ozone (BNO) a organisé un atelier de renforcement des capacités des journalistes et communicateurs sur la protection de la couche d’ozone et les enjeux climatiques. Trois présentations majeures ont marqué cette rencontre, offrant une vision globale et complémentaire : le cadre réglementaire, la dimension scientifique et les défis opérationnels.
 
Un engagement juridique et institutionnel solide
 
Depuis la ratification de la Convention de Vienne et du Protocole de Montréal en 1993, le Sénégal s’est inscrit dans une trajectoire exemplaire. Les amendements successifs, jusqu’à Kigali en 2018, ont été intégrés dans la réglementation nationale. Trois phases structurent cette action :
 
Élimination des CFC (1995–2010) Élimination progressive des HCFC (2012–2030) Réduction des HFC (2024–2045)
 
Ces engagements sont appuyés par des arrêtés interministériels (2014, 2021) qui encadrent strictement l’importation et la consommation des substances appauvrissant la couche d’ozone.
 
Comprendre les sigles pour mieux agir
 
Pour les lecteurs non scientifiques, voici les principales substances concernées :
 
CFC (Chlorofluorocarbures) : gaz utilisés autrefois dans les réfrigérateurs, climatiseurs et aérosols. Très destructeurs pour la couche d’ozone, aujourd’hui interdits. HCFC (Hydrochlorofluorocarbures) : produits de transition qui ont remplacé les CFC. Moins nocifs mais toujours destructeurs de l’ozone et puissants gaz à effet de serre. Élimination prévue d’ici 2030. HFC (Hydrofluorocarbures) : substituts aux HCFC. Ils n’endommagent pas directement l’ozone mais sont des gaz à effet de serre extrêmement puissants, jusqu’à 14 000 fois plus que le CO₂. Leur réduction progressive est prévue jusqu’en 2050.
 
La science au service de la sensibilisation
 
La présentation scientifique a rappelé que l’ozone stratosphérique est un bouclier vital contre les rayons ultraviolets, tandis que l’ozone troposphérique est un polluant nocif. Les mécanismes chimiques de destruction par les CFC, HCFC et bromures ont été vulgarisés, soulignant qu’un seul atome de chlore peut détruire 100 000 molécules d’ozone.
Les impacts sont multiples : recrudescence des cancers cutanés, cataractes, affaiblissement du système immunitaire, baisse de la productivité agricole. Le Protocole de Montréal, ratifié par 197 pays, a permis d’éviter des millions de cas de maladies et amorcé la « guérison » de la couche d’ozone.
 
Les défis et perspectives opérationnels
 
La présentation critique de M. Ndiaye a mis en lumière les obstacles persistants : manque de fluides alternatifs à faible PRG, investissements lourds, porosité des frontières, secteur informel difficile à contrôler, retard dans la certification des techniciens.
Les recommandations sont claires : pérenniser les formations, harmoniser les textes, impliquer davantage la presse, mettre en place un système de certification obligatoire et créer des outils de communication adaptés pour les médias et le grand public.
 
Une synergie nécessaire
 
Au-delà des chiffres et des réglementations, cet atelier illustre la synergie indispensable entre science, droit et action opérationnelle. Le Sénégal, pionnier en Afrique francophone, démontre que la protection de l’ozone est à la fois un enjeu de santé publique, de transition écologique et de lutte contre le changement climatique.
 
Protéger la couche d’ozone et réduire les gaz à effet de serre, c’est protéger la vie. Le Sénégal trace une trajectoire claire, mais la réussite dépendra de la mobilisation collective, du transfert de technologies et de la sensibilisation continue des citoyens et des médias.


 
 


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