SOMISEN : bilan des 100 jours et souveraineté minière au Sénégal


Rédigé le 3 Novembre 2026 à 17:16 | 0 commentaire(s) modifié le 3 Novembre 2026 18:19

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

EMA : Découvrez le bilan analytique des 3 premiers mois de Mamady Touré à la tête de la SOMISEN : comptoir de l'or, partenariats qataris et transformation locale.


Trois mois après sa prise de fonction à la tête de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN S.A.), Mamady Touré imprime une cadence résolument proactive. Entre partenariats stratégiques internationaux, structuration institutionnelle de la filière aurifère et relance des projets majeurs de souveraineté, le nouveau Directeur général pose les jalons d’une vision axée sur la valorisation locale des ressources.
 
Une transition sous le signe de l'action
 
Nommé le 21 juillet 2026 lors d'une passation de service avec son prédécesseur Ngagne Demba Touré, Mamady Touré a rapidement pris la mesure des défis qui attendent la Société des Mines du Sénégal. Loin d'observer une simple période d'attente, la nouvelle direction s'est immédiatement attelée à concrétiser les ambitions de l'État sénégalais en matière de maîtrise et de valorisation des richesses minières nationales.
 
Dialogue avec les majors et contexte de marché : un cours de l'or historique
 
La dynamique s'inscrit dans un alignement stratégique direct avec la tutelle. Le 20 août 2026 à Diamniadio, le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar SECK, a présidé une réunion de concertation capitale avec les sociétés aurifères opérant au Sénégal, en présence du DG de la SOMISEN et du secrétaire général (SG) du Service géologique national du Sénégal (SGNS).
 
Tenue dans un contexte international exceptionnel marqué par un cours de l'or frôlant les 4 200 dollars l'once, cette rencontre a jeté les bases d'un cadre de dialogue permanent. L'objectif : lever les obstacles aux investissements tout en abordant les urgences sécuritaires et administratives (gestion des titres miniers, utilisation des explosifs, RSE, Fonds d'appui au développement local et réhabilitation des sites).
 
Le pari de l'international et du co-investissement
 
L'un des faits marquants de ce premier trimestre est la signature, le 9 septembre 2026, d’un mémorandum d’entente majeur avec le groupe qatari Thirty Five Investment Holding LLC, sous l’égide du ministère des Mines et de la Géologie. Cette alliance stratégique vise plusieurs objectifs cardinaux :
 
La mutualisation des expertises qataries et sénégalaises pour le développement d'actifs miniers. Le renforcement de la transformation locale des ressources minérales, en droite ligne avec les orientations souverainistes du pays. Un appui technique ciblé pour moderniser l’exploitation minière artisanale. 
Structuration du secteur aurifère : concrétiser enfin le comptoir national d’or ?
 

Projet au long cours récurrent dans le paysage minier sénégalais, la création du comptoir national de commercialisation de l’or connaît une tentative de concrétisation décisive sous l'impulsion actuelle. Conscient des verrous historiques (traçabilité, concurrence de l'informel, accès à la matière première), la SOMISEN accélère les concertations :
Le dialogue avec les exploitants semi-mécanisés : le 22 septembre 2026, une délégation des acteurs du secteur a été reçue pour structurer l'approvisionnement et poser les bases d'un accompagnement technique et financier via un Fonds d’investissement minier. L'implication de l'artisanat local : le 20 octobre 2026, la rencontre avec l’Association nationale des bijoutiers du Sénégal (ANBS), conduite par son président Ibrahima Niang, a permis de consolider la place des bijoutiers dans la future chaîne d'approvisionnement en or traçable et de qualité. 
Innovation conceptuelle et diversification du portefeuille minier
 
L'action de la SOMISEN s'étend également au-delà des métaux précieux. Le 12 octobre 2026, un Appel à Partenariat (en cours) a été lancé pour la production et la commercialisation de granulats de basalte à Mako (Kédougou), répondant aux besoins majeurs des grands chantiers d'infrastructure.
 
Par ailleurs, la direction a accueilli le 1er octobre 2026 une délégation de haut niveau (FEVEO 2050, groupe NEXUS, GIE, Diaspora Trading Service) venue présenter une offre de convention innovante axée sur le concept d’économie organique, saluée par Mamady Touré pour son ambition d'interconnexion au service du développement durable. 
 
Conclusion et perspectives
 
En un peu plus de trois mois d'exercice, la SOMISEN sous la houlette de Mamady Touré démontre qu'une politique minière moderne doit conjuguer attractivité pour les investissements étrangers, rigueur réglementaire et inclusion des acteurs locaux. Si la concrétisation définitive du comptoir national d'or reste le test majeur, la démarche globale amorce une véritable souveraineté sur les chaînes de valeur minières du Sénégal.


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