Le Sénégal a obtenu un score de 89/100 (« Très Bon ») lors de la troisième validation de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), selon la Norme 2023. Pour le président du Comité national ITIE Sénégal, Thialy Faye, visiblement très satisfait de ce score, cette performance consolide la position du pays comme leader mondial en matière de transparence et de gouvernance extractive, devançant des champions historiques tels que le Royaume-Uni (87,5) et l’Argentine (80). Mais derrière cette performance saluée, plusieurs zones de fragilité menacent la crédibilité du système et la confiance des populations.
Le paradoxe des transferts infranationaux
Le point le plus critique reste l’absence de transferts effectifs aux collectivités locales. Bien que le cadre légal existe, les revenus censés soutenir les communes minières n’ont pas été exécutés ces dernières années. Avec un score de 50/100 (« Limité »), cette lacune prive les populations des retombées directes de l’exploitation et risque d’alimenter frustration et contestation sociale.
« L’absence de transferts effectifs prive les populations locales des retombées directes de l’exploitation, risquant d’éroder la confiance publique », prévient le secrétaire permanent du Comité national ITIE Sénégal, Thaddée Adiouma Seck, qui présentait à la presse les résultats de la troisième validation, couvrant la période de novembre 2021 à août 2025.
Des propos attestés par le Dr Papa Fara Diallo, dans sa double casquette de président de la Coalition ''Publiez ce que vous payez (PCQVP) et président de la Commission Validation ITIE.
"Les populations vivant dans les zones extractives attendent des retombées concrètes. Il reste nécessaire de renforcer la transparence et la redevabilité sur les flux financiers destinés aux collectivités", confirme-t-il.
Une double casquette dont se demande d'ailleurs comment concilie-t-il son rôle de certificateur de l'État (Comité de Validation) et son rôle de surveillant (Société Civile). Est-ce une force ou un risque de complaisance ?
Transparence inachevée sur la propriété réelle
Le registre de la propriété réelle reste incomplet, notamment sur les personnes politiquement exposées (PPE). L’exigence 2.5 plafonne à 70/100 (« Bon »), révélant un déficit majeur dans la lutte contre la corruption et l’opacité des bénéficiaires effectifs. Sans un registre exhaustif et public, les risques de captation des revenus par des élites demeurent élevés.
Licences et contrats : un suivi insuffisant
Si la publication des contrats est saluée (90/100), le suivi des écarts dans l’octroi des licences reste lacunaire. L’absence d’audit systématique et de registre public des dérogations fragilise la crédibilité des procédures d’attribution. Dans un contexte de boom pétrolier et gazier (Sangomar, GTA), cette faiblesse pourrait ouvrir la voie à des pratiques opaques.
Participation de l’État : zones d’ombre financières
La relation financière entre l’État et Petrosen reste insuffisamment clarifiée. Les prêts, avances et flux financiers ne sont pas publiés, limitant la transparence sur des projets stratégiques. Avec un score de 70/100, cette opacité est préoccupante alors que les revenus pétroliers vont croître.
Ce qui pose un défi dans la gouvernance des entreprises publiques et inquiète PCQVP. "Les entreprises publiques jouent un rôle majeur dans la chaîne de valeur extractive, mais la traçabilité de leurs revenus et dépenses n’est pas toujours optimale. On note encore, en ce qui concerne les entreprises d’Etat, une faiblesse dans le suivi des flux financiers entre l’État et les entreprises publiques, un besoin de rapports financiers plus détaillés, réguliers et publics, la nécessité d’une gouvernance plus ouverte et conforme aux standards internationaux", souligne Dr Diallo.
Environnement : l’angle mort
Enfin, le reporting environnemental reste embryonnaire. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) ne sont pas intégrées, et les plans de fermeture ou de réhabilitation des sites ne sont pas divulgués. Dans un contexte de transition énergétique mondiale, cette omission fragilise l’image du Sénégal comme acteur responsable.
Une faiblesse dans le monitoring des obligations sociales et environnementales des entreprises inquiète également la société civile. "La transparence ne doit pas s’arrêter aux revenus. Elle doit inclure les impacts sociaux et environnementaux. On relève à ce niveau une insuffisance de données sur les plans de gestion environnementale, un manque de reporting structuré sur les contributions sociales obligatoires et volontaires", déplore-t-il.
Cette double casquette de Papa Fara Diallo signifie que la société civile valide elle-même les exigences techniques tout en restant un contre-pouvoir.
S'exprimant ce mardi 24 mars 2026 lors d'une conférence de presse axée sur la présentation des résultats de la troisième validation, couvrant la période de novembre 2021 à août 2025, le présidé du CN-ITIE Sénégal confirme ces défis.
"Le Conseil d’administration a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la transparence des transferts infranationaux, afin de garantir que les revenus extractifs profitent pleinement aux communautés locales. Il a également souligné l’importance d’améliorer la traçabilité des flux financiers entre l’État et les entreprises publiques, de développer des analyses plus approfondies des données relatives à la mobilisation des recettes et aux projections, ainsi que d’assurer un suivi rigoureux des obligations sociales et environnementales des entreprises", a-t-il affirmé.
Un leadership sous condition
Le Sénégal peut se targuer d’être numéro un mondial en gouvernance extractive. Mais ce leadership repose sur une transparence macro, tandis que les failles micro – transferts locaux, propriété réelle, flux financiers de Petrosen, données environnementales – menacent la durabilité du modèle. La feuille de route 2026-2028 devra impérativement combler ces lacunes pour éviter que l’ITIE ne devienne une vitrine sans impact réel sur les populations.
Le paradoxe des transferts infranationaux
Le point le plus critique reste l’absence de transferts effectifs aux collectivités locales. Bien que le cadre légal existe, les revenus censés soutenir les communes minières n’ont pas été exécutés ces dernières années. Avec un score de 50/100 (« Limité »), cette lacune prive les populations des retombées directes de l’exploitation et risque d’alimenter frustration et contestation sociale.
« L’absence de transferts effectifs prive les populations locales des retombées directes de l’exploitation, risquant d’éroder la confiance publique », prévient le secrétaire permanent du Comité national ITIE Sénégal, Thaddée Adiouma Seck, qui présentait à la presse les résultats de la troisième validation, couvrant la période de novembre 2021 à août 2025.
Des propos attestés par le Dr Papa Fara Diallo, dans sa double casquette de président de la Coalition ''Publiez ce que vous payez (PCQVP) et président de la Commission Validation ITIE.
"Les populations vivant dans les zones extractives attendent des retombées concrètes. Il reste nécessaire de renforcer la transparence et la redevabilité sur les flux financiers destinés aux collectivités", confirme-t-il.
Une double casquette dont se demande d'ailleurs comment concilie-t-il son rôle de certificateur de l'État (Comité de Validation) et son rôle de surveillant (Société Civile). Est-ce une force ou un risque de complaisance ?
Transparence inachevée sur la propriété réelle
Le registre de la propriété réelle reste incomplet, notamment sur les personnes politiquement exposées (PPE). L’exigence 2.5 plafonne à 70/100 (« Bon »), révélant un déficit majeur dans la lutte contre la corruption et l’opacité des bénéficiaires effectifs. Sans un registre exhaustif et public, les risques de captation des revenus par des élites demeurent élevés.
Licences et contrats : un suivi insuffisant
Si la publication des contrats est saluée (90/100), le suivi des écarts dans l’octroi des licences reste lacunaire. L’absence d’audit systématique et de registre public des dérogations fragilise la crédibilité des procédures d’attribution. Dans un contexte de boom pétrolier et gazier (Sangomar, GTA), cette faiblesse pourrait ouvrir la voie à des pratiques opaques.
Participation de l’État : zones d’ombre financières
La relation financière entre l’État et Petrosen reste insuffisamment clarifiée. Les prêts, avances et flux financiers ne sont pas publiés, limitant la transparence sur des projets stratégiques. Avec un score de 70/100, cette opacité est préoccupante alors que les revenus pétroliers vont croître.
Ce qui pose un défi dans la gouvernance des entreprises publiques et inquiète PCQVP. "Les entreprises publiques jouent un rôle majeur dans la chaîne de valeur extractive, mais la traçabilité de leurs revenus et dépenses n’est pas toujours optimale. On note encore, en ce qui concerne les entreprises d’Etat, une faiblesse dans le suivi des flux financiers entre l’État et les entreprises publiques, un besoin de rapports financiers plus détaillés, réguliers et publics, la nécessité d’une gouvernance plus ouverte et conforme aux standards internationaux", souligne Dr Diallo.
Environnement : l’angle mort
Enfin, le reporting environnemental reste embryonnaire. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) ne sont pas intégrées, et les plans de fermeture ou de réhabilitation des sites ne sont pas divulgués. Dans un contexte de transition énergétique mondiale, cette omission fragilise l’image du Sénégal comme acteur responsable.
Une faiblesse dans le monitoring des obligations sociales et environnementales des entreprises inquiète également la société civile. "La transparence ne doit pas s’arrêter aux revenus. Elle doit inclure les impacts sociaux et environnementaux. On relève à ce niveau une insuffisance de données sur les plans de gestion environnementale, un manque de reporting structuré sur les contributions sociales obligatoires et volontaires", déplore-t-il.
Cette double casquette de Papa Fara Diallo signifie que la société civile valide elle-même les exigences techniques tout en restant un contre-pouvoir.
S'exprimant ce mardi 24 mars 2026 lors d'une conférence de presse axée sur la présentation des résultats de la troisième validation, couvrant la période de novembre 2021 à août 2025, le présidé du CN-ITIE Sénégal confirme ces défis.
"Le Conseil d’administration a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la transparence des transferts infranationaux, afin de garantir que les revenus extractifs profitent pleinement aux communautés locales. Il a également souligné l’importance d’améliorer la traçabilité des flux financiers entre l’État et les entreprises publiques, de développer des analyses plus approfondies des données relatives à la mobilisation des recettes et aux projections, ainsi que d’assurer un suivi rigoureux des obligations sociales et environnementales des entreprises", a-t-il affirmé.
Un leadership sous condition
Le Sénégal peut se targuer d’être numéro un mondial en gouvernance extractive. Mais ce leadership repose sur une transparence macro, tandis que les failles micro – transferts locaux, propriété réelle, flux financiers de Petrosen, données environnementales – menacent la durabilité du modèle. La feuille de route 2026-2028 devra impérativement combler ces lacunes pour éviter que l’ITIE ne devienne une vitrine sans impact réel sur les populations.