Un tournant juridique
Des résultats tangibles
Les effets sont déjà visibles :
Le nombre de sociétés ayant déclaré leurs bénéficiaires effectifs est passé de 13 en 2021 à 628 en 2024, incluant des multinationales minières comme Barrick Gold et Endeavour Mining.
Les juges et greffiers ont été formés dans les 14 régions pour assurer une meilleure gestion du registre.
Les données du RBE sont désormais recoupées avec le cadastre minier, permettant d’identifier les entreprises non conformes.
Ces avancées traduisent une volonté politique affirmée et une meilleure appropriation des standards internationaux de transparence.
Une opacité persistante
Pour autant, l’accès effectif aux données reste un défi. Les journalistes et la société civile continuent de rencontrer des obstacles pour obtenir des informations complètes et exploitables. L’opacité persiste dans la pratique, alimentant suspicions et rumeurs. La question des personnes politiquement exposées (PPE) demeure particulièrement sensible, avec des données souvent incomplètes ou difficiles à vérifier.
Les défis à relever
Mise en œuvre effective : garantir que l’accès public au RBE soit pleinement opérationnel.
Fiabilité des données : renforcer la qualité et la vérification des déclarations.
Contrôle citoyen : impliquer davantage les médias et la société civile dans le suivi.
Coopération régionale : harmoniser les pratiques avec la Côte d’Ivoire, le Nigeria et d’autres pays pour renforcer la crédibilité des registres.
Le Sénégal est engagé dans une trajectoire positive vers la transparence de la propriété effective. Mais entre les ambitions affichées et la réalité du terrain, un écart subsiste. La vigilance des acteurs citoyens, des journalistes et des partenaires internationaux reste indispensable pour transformer la transparence proclamée en transparence vécue.