Standard Bank ATB 2026 : l'Afrique accélère sur les infrastructures, le Sénégal en observateur attentif


Rédigé le 9 Mars 2026 à 12:11 | 0 commentaire(s) modifié le 9 Mars 2026 13:36

Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations… En savoir plus sur cet auteur

EMA - Alors que les incertitudes mondiales persistent, le rapport de l’Africa Trade Barometer (ATB) révèle une dynamique inédite sur les infrastructures, notamment énergétiques africaines.


La publication de la 5ème édition de l’Africa Trade Barometer (ATB) de la Standard Bank marque un tournant dans la perception du climat des affaires sur le continent. Alors que les incertitudes mondiales persistent, le rapport révèle une dynamique inédite : pour la première fois, tous les indicateurs d'infrastructure — énergie, routes, rail, ports et numérique — progressent simultanément dans les 10 économies clés sondées.

Un basculement historique vers l’Asie


L'un des enseignements majeurs de cette édition est le désengagement progressif vis-à-vis des partenaires traditionnels occidentaux. Face aux incertitudes liées aux tarifs douaniers et à l’avenir de l’AGOA, 35% des entreprises africaines se tournent désormais vers l’Asie, Chine en tête. Fiabilité logistique et compétitivité des prix font de l'axe Afrique-Asie le nouveau moteur du commerce continental, particulièrement pour l'importation de biens d'équipement industriels.

Infrastructures : le "grand bond" numérique et logistique


Le rapport souligne une amélioration spectaculaire de la perception de l'infrastructure. Le score de qualité de l'énergie est en hausse, soutenu par des investissements massifs dans les réseaux de transmission et le stockage. Parallèlement, la digitalisation des échanges franchit un cap : près de 80% des transactions transfrontalières sont désormais numériques, portées par le système PAPSS et le Mobile Money.

Le "Boom" des matières premières : l’Or et le Cuivre tirent la croissance


L'ATB souligne que la solidité des prix des matières premières, particulièrement de l'or, du platine et du cuivre, a offert un répit crucial aux exportateurs africains en 2025. Pour les pays miniers comme le Sénégal, cette tendance confirme l'urgence de renforcer les capacités de transformation locale et de sécuriser les chaînes logistiques. Le rapport note que les entreprises du secteur extractif sont les premières bénéficiaires de l'amélioration des systèmes douaniers numériques, réduisant les délais de passage aux frontières pour les équipements lourds.

Le cas du Mozambique : Un miroir pour le Sénégal ?


Le Mozambique prend la tête du classement général, porté par des flux records d’Investissements Directs Étrangers (IDE) dans ses projets gaziers géants (Coral South et Coral Norte). Cependant, le rapport pointe un défi majeur : la difficulté de faire circuler cette rente extractive dans l'économie réelle locale. Un signal fort pour le Sénégal, qui s'apprête à entrer dans le cercle des pays producteurs avec le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA).

L'expertise de Standard Bank : Quel impact pour l'UEMOA ?


« À travers les 10 marchés sondés, les entreprises ont signalé des améliorations dans chaque catégorie d'infrastructure majeure », explique Philip Myburgh, Head of Trade pour la Standard Bank. Si le Sénégal ne figure pas encore dans le "Top 10" de l'indice, les dynamiques observées chez ses pairs (Ghana, Nigeria) servent de baromètre pour l'ensemble de la sous-région.


Pour Énergie & Mines Afrique, ce rapport pose une question centrale : comment la maturité croissante des infrastructures et la digitalisation des paiements vont-elles transformer le corridor ouest-africain ? Nous approfondirons ces enjeux lors de notre prochain entretien exclusif avec les experts de la banque.

 



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