Des flux disproportionnés et suspects
Dans sa présentation, M. Lèye signale un salaire mensuel déclaré de 1,3 million FCFA, des virements reçus en quelques semaines d’un montant de 85 millions FCFA et l’origine des fonds venant de l’entreprise Y, bénéficiaire du marché public dont Monsieur X assure la supervision technique.
Pour lui, cette disproportion manifeste entre revenus officiels et flux entrants constitue un premier signal d’alerte.
Les mécanismes de blanchiment
Ici, l’enquêteur fait état de trois mécanismes en commençant par le placement. Selon lui, il s’agit d’un transfert direct des fonds de l’entreprise vers le compte personnel de Monsieur X. Vient ensuite la dissimulation avec la production d’une facture d’achat de véhicules sans cohérence économique, puis reversement de 60 millions FCFA à un employé de l’Entreprise Y. Enfin, l’intégration consistant en un retrait en espèces du solde, réduisant la traçabilité bancaire.
Les indices révélateurs
A ce niveau, l’enquêteur fait le lien direct entre les flux financiers et une entreprise placée sous son contrôle, fait remarquer des justificatifs artificiels, sans rapport avec ses fonctions et l’intervention d’un tiers, traduisant une tentative de redistribution ou de fractionnement des fonds.
Le message systémique
Ce cas démontre le risque majeur que représente l’utilisation des comptes personnels d’agents publics pour recevoir des fonds d’entreprises privées contractantes de l’État. Lorsqu’ils sont suivis d’opérations de dissimulation et de retraits rapides en espèces, ces flux deviennent des mécanismes typiques de blanchiment en lien avec la corruption.
Conclusion éditoriale EMA
Le cas de Monsieur X n’est pas isolé : il révèle une faille structurelle dans la gouvernance des marchés publics. La transparence des flux financiers, la surveillance des agents publics et la traçabilité des paiements doivent devenir des priorités absolues pour préserver l’intégrité du secteur du BTP.
👉 EMA appelle à renforcer les mécanismes de contrôle, à instaurer des garde‑fous institutionnels, et à mobiliser la société civile pour briser ces circuits opaques.





