88,6 milliards de dollars perdus : l'urgence d'une souveraineté fiscale
Placée sous le thème « Faire progresser un programme transformateur de justice fiscale pour l'Afrique », la rencontre s'ouvre dans un contexte de forte contrainte budgétaire pour les États du continent. Entre alourdissement de la dette et recul de l'aide internationale, la maîtrise des ressources domestiques devient une condition sine qua non de la souveraineté.
Rappelant les données de la CNUCED, le ministre a souligné que l'Afrique perd chaque année environ 88,6 milliards de dollars en éviction fiscale, manipulations des prix de transfert et fuites de capitaux. Un montant équivalent à l'ensemble de l'aide publique au développement et des investissements directs étrangers reçus par le continent.
« Notre ambition commune est claire : faire de la fiscalité non plus seulement un instrument de prélèvement, mais également un levier de justice sociale, de souveraineté économique et de transformation structurelle », a déclaré Cheikh Diba.
Le modèle sénégalais : de la sortie du GAFI à l'interconnexion des registres
Mettant en avant le retrait du Sénégal de la liste grise du GAFI le 25 octobre 2024, le ministre a réaffirmé que cette étape ne constitue pas une fin en soi, mais un impératif de vigilance accrue. Le Sénégal met l'accent sur le contrôle strict des prix de transfert et l'actualisation de son Évaluation Nationale des Risques.
Pour étendre cette dynamique à l'échelle sous-régionale et continentale, le ministre propose trois piliers stratégiques :
1. Accès généralisé aux données : généraliser et interconnecter les registres des bénéficiaires effectifs pour identifier les propriétaires réels des entreprises.
2. Coopération renforcée : harmoniser les règles pour éviter la concurrence fiscale dommageable entre pays africains.
3. Voix unique à l'ONU : faire bloc dans les négociations pour la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale.
Vers le recouvrement effectif des avoirs
Alors que la PAC 2026 se poursuit à Dakar jusqu'au 2 octobre, le gouvernement sénégalais insiste sur la nécessité de sortir des pétitions de principe pour cibler la récupération effective des avoirs issus de la criminalité financière.
Un message en parfaite résonance avec les enjeux de transparence du secteur extractif et du climat des affaires en Afrique de l'Ouest.





