Le projet vise à accompagner le renouvellement du parc de transport et à introduire progressivement la mobilité électrique dans le transport professionnel au Sénégal. Selon l’administrateur du FDTT, Bara Sow, les 100 véhicules constituent une phase pilote destinée notamment à mesurer leur autonomie, leurs coûts d’utilisation et de maintenance, ainsi que les besoins en infrastructures de recharge et leur rentabilité pour les chauffeurs.
Le déploiement doit toutefois s’accélérer dans les prochains mois. Le directeur général de la BCI, Papa Massal Dièye, a indiqué que 732 véhicules étaient déjà produits ou en cours d’acheminement. Parmi eux, 100 se trouvent au Sénégal, 100 sont à bord d’un navire et 392 sont au niveau du port en attente d’embarquement, tandis que les autres sont encore en production. La BCI espère atteindre 600 véhicules avant le 31 décembre 2026 et 1 000 avant le 31 mars 2027.
Au-delà de l’acquisition des véhicules, le programme prévoit un accompagnement des chauffeurs. L’Office national de la formation professionnelle (ONFP) doit notamment assurer des formations consacrées à la conduite, à la sécurité et à la relation avec les clients. Les bénéficiaires ont également commencé certaines étapes, notamment les visites médicales, avant de suivre le cursus prévu.
Le financement repose sur un mécanisme associant les ressources du FDTT et celles de la BCI. Le Fonds indique vouloir jouer un rôle d’effet de levier pour permettre aux banques de financer davantage le secteur des transports, sans se substituer aux établissements financiers. Il vise, avec ses partenaires, plus de 13 milliards de francs CFA de financements destinés au renouvellement et à la modernisation du transport d’ici à la fin de 2027.
Les conditions d’exploitation des véhicules font également partie du dispositif. La société 3MD, chargée notamment de l’accompagnement sur les infrastructures, indique avoir testé au Sénégal des véhicules électriques et des bornes de recharge afin de vérifier leur compatibilité avec la tension électrique et les exigences techniques locales. Une formation doit également permettre aux chauffeurs de maîtriser les procédures de recharge et de paiement.
Pour le FDTT, cette expérimentation doit permettre d’évaluer concrètement la pertinence du modèle avant son éventuelle montée en puissance. Les premiers véhicules seront ainsi suivis sur leurs conditions réelles d’exploitation, leur autonomie, leurs coûts de maintenance et les besoins liés aux infrastructures de recharge. La qualité du service rendu aux usagers et la rentabilité pour les chauffeurs feront également partie des critères observés.
Le projet comporte aussi une dimension sociale mise en avant par ses promoteurs. Le FDTT souhaite associer le renouvellement des véhicules à la professionnalisation des chauffeurs et à un meilleur accès aux mécanismes de protection sociale. Pour la BCI, les bénéficiaires devront notamment respecter des exigences liées à leur statut professionnel et aux conditions d’exploitation des véhicules, avec des engagements pouvant entraîner le retrait du véhicule en cas de non-respect. À terme, l’ambition affichée dépasse le programme initial de 1 000 taxis.
La BCI évoque une perspective de 10 000 véhicules, tandis que le FDTT présente les 100 premiers taxis comme le point de départ d’un renouvellement progressif du parc. Le dispositif intervient par ailleurs à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, pour lesquels les autorités espèrent que ces nouveaux véhicules pourront contribuer à améliorer les déplacements des visiteurs et des délégations.
Alioune Badara Diatta
Freelance Science Journalist
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