Du bassin du fleuve au gaz offshore : la continuité d’un acteur clé
Le parcours institutionnel de Mohamed Abdel Vetah constitue un atout de poids pour la conduite des grands projets communs :
- L’ancrage OMVS : avant sa nomination au gouvernement mauritanien, Abdel Vetah a dirigé pendant près de quatre ans l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) depuis son siège à Dakar. Cette immersion au cœur de l'intégration sous-régionale lui confère une maîtrise poussée de la gestion partagée des ressources en eau et en énergie hydraulique (barrages de Manantali, Felou, Gouina).
- Transition sans rupture : l’accession d’un fin connaisseur de l’écosystème sénégalais au ministère de l’Énergie et du Pétrole garantit une continuité d’action et un alignement stratégique entre les deux capitales sur les dossiers d'infrastructures lourdes.
| L'AXE ÉNERGÉTIQUE SÉNÉGAL–MAURITANIE |
| VOLET HYDRAULIQUE | VOLET HYDROCARBURES |
| • Partage des eaux du Fleuve • Production hydroélectrique via le cadre de l'OMVS | • Gisement gazier transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) • Gouvernance & co-développement |
Le défi GTA et l'agenda de la souveraineté énergétique
Cette audience au palais de la République s'inscrit directement dans la vision de souveraineté énergétique promue par le chef de l'État sénégalais. Les deux pays partagent plusieurs dossiers critiques à fort impact macroéconomique :
La sécurisation de la rente gazières de GTA : le suivi partagé des coûts d'investissements (CapEx) et le calendrier d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) nécessitent un dialogue permanent entre les ministères de tutelle pour maximiser les retombées fiscales et économiques de chaque côté de la frontière maritime.
La valorisation du gaz pour l'électricité locale (Gas-to-Power) : l'approvisionnement des réseaux électriques nationaux (Senelec et Somelec) en gaz naturel domestique demeure la priorité stratégique pour réduire les coûts de production d'électricité, alimenter le tissu industriel et accélérer la transition énergétique bas-carbone.
La gestion intégrée des impacts environnementaux : la préservation des écosystèmes marins et côtiers partagés reste au centre des exigences de gouvernance des projets pétro-gaziers de la grande cuvette MSGBC.
Les leçons pour l'écosystème énergétique de la zone MSGBC
Pour les observateurs et investisseurs opérant dans le bassin Mauritanie-Sénégal-Gambie-Bissau-Conakry (MSGBC), ce rapprochement politique envoie un signal fort :
Stabilité et sécurité des investissements : la cohésion politique au sommet des deux États prémunit les grands projets transfrontaliers contre les risques de blocage réglementaire.
Capacité de négociation accrue : face aux géants pétroliers internationaux (majors et opérateurs de premier rang), la convergence de vue entre Dakar et Nouakchott renforce la position des deux États dans les arbitrages techniques et financiers.
En résumé : De la mise en valeur des eaux du fleuve Sénégal par l'OMVS à la monétisation des réserves gazières offshore de GTA, Dakar et Nouakchott réaffirment que leur souveraineté énergétique passe par une intégration régionale forte et pragmatique.


