Temps Forts 
Réunissant l'Algérie, le Burkina Faso, le Cameroun, le Cabo Verde, les Comores, la Côte d'Ivoire, l'Égypte, l'Éthiopie, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée équatoriale, la Guinée Bissau, le Malawi, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, le Soudan, la Tunisie et le Zimbabwe, le tournoi biennal s'est ouvert en grande pompe au stade d’Olembe.
Une mise en scène pittoresque de la
culture, de la diversité et des paysages camerounais par une foule de danseurs, de l'hymne de la CAN 2021 interprété par
Africa Smile, ainsi qu’une performance de l'artiste congolais Fally Ipupa,
la cérémonie d'ouverture a suscité des sentiments de fierté, de solidarité et d'excellence africaine.
« Le peuple camerounais est en train de montrer à l'Afrique, au monde entier, que nous pouvons organiser une [CAN] réussie. Aujourd'hui, nous sommes ici pour montrer le meilleur du football camerounais et le meilleur du football africain », a déclaré Motsepe, sous un tonnerre d'applaudissements dans le stade de 60 000 places.
C'est ainsi qu'a commencé l'histoire de 24 pays qui se sont affrontés au cours de 52 matches et qui ont donné lieu à une finale Sénégal-Égypte avec les Lions de la Téranga remportant leur premier titre ! Avec le Cameroun qui a décroché la 3ème place après une
remontada spectaculaire contre le Burkina Faso, les Sénégalais Sadio Mané et Edouard Mendy respectivement meilleur joueur et meilleur gardien de but, le Camerounais Vincent Aboubakar meilleur buteur avec 8 buts, suivi de Karl Toko Ekambi (5 buts), la “
CAN sucrée” du Cameroun a fait vibrer les spectateurs jusqu'au bout.

Épreuves et sceptiques
Hélas, il y a eu la douloureuse bousculade d'
Olembe qui a coûté la vie à 8 supporters et en a blessé 38 autres, venus en masse pour le match Cameroun-Comores du 24 janvier. « La famille de la CAF est profondément blessée. Nous tenons à transmettre nos plus sincères condoléances aux familles, amis et proches des personnes qui ont perdu la vie hier », a déclaré Motsepe. Cependant, le moment le plus sombre du tournoi ne sera malheureusement qu'une note de bas de page dans la chaîne des événements, éclipsé par une controverse décevante et malavisée.
Les commentaires allaient de préoccupations discutables concernant
l'arbitrage et les
réglements relatifs au COVID-19 de la CAF à des
revendications improbables concernant l'hébergement. Mais il n'a pas fallu longtemps pour qu'ils se transforment en une attaque frénétique contre le pays hôte. L'élément déclencheur ? La rencontre Cameroun-Comores. Les Coelacanthes, qui ont choisi l'arrière gauche Chaker Alhadhuras comme gardien de but après l'exclusion d'Ali Ahamada en raison du règlement COVID de la CAF, ont joué la majeure partie du match avec un effectif de 10 joueurs lorsque
Nadjim Abdou a reçu un carton rouge pour une faute dangereuse sur Moumi Ngamaleu.
Si les Comores ont "gagné nos cœurs" pour leur prestation courageuse, le Cameroun est devenu la cible de théories du complot. Ils sont accusés d'avoir "donné" des tests COVID positifs aux Comores;
de ne pas avoir de cas COVID; de jubiler après avoir marqué leurs buts;
de ne pas avoir plaidé auprès de la CAF pour assouplir les règles; d'être responsable du carton rouge. Etc. Et c'est ainsi que la CAN de la gloire fut baptisée "CAN de la honte". Le discours troublant qui s'est ensuivi a révélé des profonds niveaux de myopie chez les sceptiques qui ne semblaient pas pouvoir faire la distinction entre l'organisateur (la CAF) et le pays hôte (le Cameroun). Ces derniers traitaient la CAF, le Cameroun, la FECAFOOT et Samuel Eto'o comme des synonymes. Le fair-play est passé à la trappe, et un univers alternatif a vu le jour, dans lequel il semblait impossible que les 5 fois champions de la CAN, les médaillés d'or des Jeux Olympiques d'été 2000, les 7 fois qualifiés pour la Coupe du Monde aient pu gagner le match contre les Comores sans collusion.
