Sous l'ancien régime déjà, la dette intérieure était dénoncée comme un frein à la compétitivité et à l’investissement. Papa Malick Ndour, ancien ministre, avait tenté de clarifier les mécanismes et les chiffres, mais les arriérés persistaient. Aujourd’hui, le nouveau régime reprend le même engagement : apurer progressivement et accélérer les paiements. Une promesse répétées qui fragilisent les entreprises.
Chaque gouvernement a inscrit l’apurement de la dette dans son agenda. Mais sur le terrain, les petites et moyennes entreprises (PME) locales, fournisseurs de biens et services à l’État, voient leurs trésoreries s’assécher. Les retards de paiement bloquent l’accès au crédit, fragilisent les chaînes de production et menacent l’emploi.
Cela apparaît comme un paradoxe économique. Comment parler de patriotisme économique et de compétitivité nationale quand l’État lui-même tarde à honorer ses engagements financiers ? La dette intérieure agit comme un frein structurel : elle mine la confiance, décourage l’investissement et expose les entreprises à une vulnérabilité chronique.
La dette apparaît aussi comme miroir de gouvernance. Au-delà des chiffres, la dette intérieure révèle une incapacité récurrente de l’État à concilier promesses politiques et discipline budgétaire. Elle illustre la fragilité du contrat de confiance entre l’État et le secteur privé, et rappelle que la relance économique ne peut se décréter sans une crédibilité financière retrouvée.
Le Conseil des ministres du 17 juin 2026 réaffirme la volonté d’apurer la dette intérieure. Mais ce n’est qu’un refrain déjà entendu. Tant que l’apurement restera une annonce sans calendrier clair ni mécanisme transparent, la dette intérieure continuera d’incarner la contradiction d’un État qui parle de transformation, mais laisse ses créanciers dans l’attente.

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