L'analyse de leurs exposés sur la régulation économique et la régulation technique faits lors de l'atelier de formation des membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES) montre que celles-ci forment les deux piliers d’un édifice complexe, que la CRSE tente de stabiliser dans un contexte de mutation profonde.
L’économie de la régulation : une équation à plusieurs inconnues
La régulation économique vise à fixer des tarifs « justes » dans un secteur souvent en monopole naturel. A cet égard, trois méthodes dominant ont été mis en exergue par El Hadji Diakhaté, directeur de la régulation économique de la CRSE :
- Cost Plus : remboursement des coûts réels avec une marge à l'opérateur .
- Price Cap : trajectoire de prix par le régulateur avec exigence de productivité.
- Revenue Cap : plafonnement des revenus autorisés, avec liberté tarifaire.
- Des subventions massives qui pèsent sur les finances publiques.
- Des tarifs sociaux qui protègent les ménages mais fragilisent les opérateurs.
- Une multiplication des acteurs (Senelec, CER, IPPs, distributeurs de gaz) qui complexifie le pilotage.
La régulation technique : faire respecter les normes
Mais fixer un tarif ne suffit pas. Encore faut-il que le service soit rendu correctement. C’est là qu’intervient la régulation technique. Là, l'expert de la CRSE a mis en avant trois leviers sur lesquels elle repose :
- Contrôle des opérateurs : Senelec, CER, IPPs, ERIL… tous doivent respecter leurs cahiers des charges.
- Suivi des indicateurs de performance : disponibilité, fréquence, tension, interruptions (SAIFI, SAIDI), énergie non fournie (ENF).
- Respect du Code de réseau : règles de raccordement, d’exploitation, de comptage, de sauvegarde.
- 1 410 FCFA/kWh non fourni au-delà de la norme.
- 100 millions FCFA par coupure excessive.
- 6 669 FCFA/jour de retard pour vérification de compteur.
Quand l’économie et la technique se croisent
La régulation économique et technique ne sont pas des silos. Elles s’interpénètrent :
- Un tarif trop bas peut dégrader la qualité du service.
- Une norme trop exigeante peut rendre le modèle économique intenable.
- Une mauvaise performance technique peut entraîner des compensations… qui affectent les équilibres financiers.
Le défi de la transparence
Pour que cette régulation soit comprise et acceptée, elle doit être expliquée. C’est là que le partenariat avec le COJES prend tout son sens. Les journalistes économiques deviennent les traducteurs de cette complexité, les relais d’une pédagogie publique.
Mais la transparence ne se décrète pas. Elle se construit :
- Par des données accessibles.
- Par des procédures claires (réclamations, enquêtes, médiation).
- Par une communication proactive sur les arbitrages et les choix.
Pour les citoyens, cela signifie plus qu’un tarif ou une coupure : cela signifie un droit à l’énergie, garanti par des règles claires et des institutions solides. Et pour les journalistes économiques, cela signifie une mission : rendre visible l’invisible, et faire de la régulation un sujet de débat public.
Energie & Mines Afrique (EMA) est disposé à jouer sa partition.





