Dans sa Déclaration de politique générale (DPG) du 8 septembre 2026, le premier ministre Ahmadou Al Aminou LO place clairement les hydrocarbures au cœur de la stratégie de souveraineté économique du Sénégal. Contrairement aux approches traditionnelles des pays producteurs, le gouvernement affirme vouloir convertir les revenus du pétrole et du gaz en investissements productifs, infrastructures, compétences et capacités industrielles durables.
La fin annoncée du modèle d'exportation brute
Le message politique le plus fort de la DPG réside dans cette affirmation :
« Nous cesserons d'exporter à l'état brut ce que nous pouvons transformer. » Cette orientation traduit une volonté de maximiser la valeur ajoutée nationale en développant les chaînes de transformation locale des hydrocarbures et des ressources minières. Le gouvernement considère désormais le pétrole, le gaz et les mines non comme des sources de revenus budgétaires uniquement, mais comme des outils de construction industrielle et de souveraineté économique.
Pour Energie & Mines Afrique (EMA), cela signifie que les débats futurs porteront moins sur les volumes produits que sur :
La fin annoncée du modèle d'exportation brute
Le message politique le plus fort de la DPG réside dans cette affirmation :
« Nous cesserons d'exporter à l'état brut ce que nous pouvons transformer. » Cette orientation traduit une volonté de maximiser la valeur ajoutée nationale en développant les chaînes de transformation locale des hydrocarbures et des ressources minières. Le gouvernement considère désormais le pétrole, le gaz et les mines non comme des sources de revenus budgétaires uniquement, mais comme des outils de construction industrielle et de souveraineté économique.
Pour Energie & Mines Afrique (EMA), cela signifie que les débats futurs porteront moins sur les volumes produits que sur :
- l'utilisation domestique du gaz ;
- les capacités de raffinage ;
- la pétrochimie ;
- le contenu local ;
- la création d'emplois industriels ;
- la transformation minière.
PETROSEN promue au rang de pilote stratégique national
La DPG consacre explicitement la société nationale des pétroles du Sénégal (PETROSEN SA) comme chef de file de la politique pétrolière et gazière nationale : « PETROSEN SA exercera le leadership stratégique national de la politique pétrole-gaz. » Cette formulation est importante car elle renforce le rôle de l'entreprise nationale au-delà de sa participation dans les projets extractifs.
Le gouvernement envisage néanmoins l'appui d'un « partenaire international de référence » lorsque cela est nécessaire, traduisant une approche pragmatique plutôt qu'une nationalisation des opérations.
Le gaz devient la pierre angulaire de la politique énergétique
La DPG fait du gaz naturel le principal instrument de réforme du système électrique sénégalais. Le premier ministre établit un lien direct entre :
La DPG consacre explicitement la société nationale des pétroles du Sénégal (PETROSEN SA) comme chef de file de la politique pétrolière et gazière nationale : « PETROSEN SA exercera le leadership stratégique national de la politique pétrole-gaz. » Cette formulation est importante car elle renforce le rôle de l'entreprise nationale au-delà de sa participation dans les projets extractifs.
Le gouvernement envisage néanmoins l'appui d'un « partenaire international de référence » lorsque cela est nécessaire, traduisant une approche pragmatique plutôt qu'une nationalisation des opérations.
Le gaz devient la pierre angulaire de la politique énergétique
La DPG fait du gaz naturel le principal instrument de réforme du système électrique sénégalais. Le premier ministre établit un lien direct entre :
- les gisements de Sangomar et GTA ;
- l'alimentation des centrales électriques ;
- la baisse du coût de l'électricité ;
- l'industrialisation du pays.
Le message est simple : produire du gaz local pour produire une électricité locale moins chère. Cette approche est cohérente avec l'objectif annoncé de réduction de 30 % du prix du kilowattheure à l'horizon 2030.
Yakaar-Teranga devient le projet énergétique numéro un
Parmi tous les projets évoqués, Yakaar-Teranga apparaît comme le chantier énergétique prioritaire. Le premier ministre le présente comme :
Yakaar-Teranga devient le projet énergétique numéro un
Parmi tous les projets évoqués, Yakaar-Teranga apparaît comme le chantier énergétique prioritaire. Le premier ministre le présente comme :
- un pilier de la souveraineté énergétique ;
- un instrument de réduction structurelle du coût de l'électricité ;
- un moteur de l'industrialisation nationale.
La DPG révèle également une critique implicite de la gestion récente du dossier.
Le gouvernement estime que le Sénégal devait récupérer naturellement le bloc à l'expiration du contrat en juillet 2026 et rappelle que des indemnités de 55 millions de dollars doivent revenir à l'État. Cette référence montre que Yakaar-Teranga est devenu un enjeu à la fois énergétique, financier et politique.
Trois grands projets structurants pour la décennie
Dans la section consacrée aux projets catalytiques, trois infrastructures énergétiques sont identifiées comme stratégiques :
Yakaar-Teranga : La première phase pourrait représenter entre 5 et 10 milliards de dollars d'investissements selon le schéma final retenu.
Réseau gazier du Sénégal : Le gouvernement prévoit une infrastructure de transport du gaz, avec une première phase reliant le champ GTA à la centrale électrique de Gandon.
Cet élément est fondamental car il montre que l'enjeu n'est plus seulement la production de gaz, mais son acheminement jusqu'aux centres industriels et électriques.
Projet SAR 2 : La modernisation du raffinage et le développement d'un complexe pétrochimique associé constituent l'un des piliers de la stratégie de transformation locale.
Pour EMA, SAR 2 est probablement l'un des signaux les plus importants de cette DPG car il ouvre la voie à une véritable industrie aval des hydrocarbures.
Une réforme énergétique politiquement sensible
La DPG introduit simultanément une réforme profonde des subventions énergétiques.
Le constat officiel est que près de 800 milliards FCFA sont consacrés chaque année aux subventions sur les carburants et que 65 % de ce soutien bénéficie aux 20 % des ménages les plus aisés.
Le gouvernement prévoit donc :
Le gouvernement estime que le Sénégal devait récupérer naturellement le bloc à l'expiration du contrat en juillet 2026 et rappelle que des indemnités de 55 millions de dollars doivent revenir à l'État. Cette référence montre que Yakaar-Teranga est devenu un enjeu à la fois énergétique, financier et politique.
Trois grands projets structurants pour la décennie
Dans la section consacrée aux projets catalytiques, trois infrastructures énergétiques sont identifiées comme stratégiques :
Yakaar-Teranga : La première phase pourrait représenter entre 5 et 10 milliards de dollars d'investissements selon le schéma final retenu.
Réseau gazier du Sénégal : Le gouvernement prévoit une infrastructure de transport du gaz, avec une première phase reliant le champ GTA à la centrale électrique de Gandon.
Cet élément est fondamental car il montre que l'enjeu n'est plus seulement la production de gaz, mais son acheminement jusqu'aux centres industriels et électriques.
Projet SAR 2 : La modernisation du raffinage et le développement d'un complexe pétrochimique associé constituent l'un des piliers de la stratégie de transformation locale.
Pour EMA, SAR 2 est probablement l'un des signaux les plus importants de cette DPG car il ouvre la voie à une véritable industrie aval des hydrocarbures.
Une réforme énergétique politiquement sensible
La DPG introduit simultanément une réforme profonde des subventions énergétiques.
Le constat officiel est que près de 800 milliards FCFA sont consacrés chaque année aux subventions sur les carburants et que 65 % de ce soutien bénéficie aux 20 % des ménages les plus aisés.
Le gouvernement prévoit donc :
- une réduction graduelle des subventions ;
- un ciblage vers les ménages les plus vulnérables ;
- la préservation du gaz butane domestique ;
- le maintien d'un tarif social pour l'électricité.
L'objectif affiché est de ramener le coût des subventions énergétiques sous 1 % du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2029.
La révision des contrats stratégiques se poursuit
La DPG confirme également que la commission chargée de revisiter les contrats dans les secteurs stratégiques poursuit ses travaux, notamment dans :
La révision des contrats stratégiques se poursuit
La DPG confirme également que la commission chargée de revisiter les contrats dans les secteurs stratégiques poursuit ses travaux, notamment dans :
- les hydrocarbures ;
- les mines ;
- l'énergie ;
- les grandes infrastructures.
Le gouvernement réaffirme une ligne d'équilibre : sécurité juridique pour les investisseurs de bonne foi, mais fermeté lorsque l'intérêt national a été lésé. Ce passage rassure les investisseurs tout en conservant la possibilité de renégociations ciblées.
Lecture stratégique EMA
Trois messages émergent de cette DPG :
Premier message : le Sénégal ne veut plus être simplement producteur d'hydrocarbures, mais devenir transformateur et industriel.
Deuxième message : le gaz est désormais considéré comme le carburant de l'industrialisation et de la compétitivité électrique du pays.
Troisième message : Yakaar-Teranga, le réseau gazier national et SAR 2 constituent le triptyque énergétique qui devrait structurer la prochaine décennie.
Lecture stratégique EMA
Trois messages émergent de cette DPG :
Premier message : le Sénégal ne veut plus être simplement producteur d'hydrocarbures, mais devenir transformateur et industriel.
Deuxième message : le gaz est désormais considéré comme le carburant de l'industrialisation et de la compétitivité électrique du pays.
Troisième message : Yakaar-Teranga, le réseau gazier national et SAR 2 constituent le triptyque énergétique qui devrait structurer la prochaine décennie.

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