Selon les données du rapport, la situation est particulièrement préoccupante en Afrique subsaharienne, où la population des jeunes ruraux devrait passer de 105 millions en 2015 à 174 millions en 2050, soit une augmentation de 70% dans des pays qui n'ont souvent pas les moyens de relever les défis qui se font jour.
"Si l’on ne fait rien, on aura une génération perdue de jeunes sans espoir ni direction, ce qui contribue à un risque accru de migration économique forcée et de fragilité", a déclaré Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA. "Mais avec les politiques nécessaires et les bons investissements, ces jeunes peuvent stimuler la croissance économique des zones rurales et améliorer la vie de leur communauté."
Le rapport constate que 67% des jeunes des zones rurales, semi-rurales et périurbaines vivent dans des zones à fort potentiel agricole, mais que beaucoup ont un accès limité aux marchés.
Le rapport montre qu’avec un meilleur accès à la formation professionnelle, aux marchés, aux services financiers et aux technologies, les jeunes ruraux pourraient devenir plus productifs, mieux connectés et plus responsables de leur propre avenir.
Mais les décideurs politiques doivent agir rapidement pour éviter une crise plus grave, prévient le rapport, en soulignant les impacts des changements climatiques sur l'agriculture en général, la nécessité de saisir les possibilités offertes par une révolution numérique qui se généralise dans le monde en développement, en équilibre avec les aspirations et demandes croissantes des jeunes eux-mêmes.
En particulier, les auteurs du rapport soulignent qu'il est fondamental que les politiques en faveur de la jeunesse s'inscrivent dans une stratégie de transformation rurale plus large et ne soient pas déployées isolément.
"Une politique de développement rural ample et forte, conjuguée à une politique claire d'inclusion des jeunes, est le meilleur moyen d'aider des millions de jeunes dans le monde", déclare Paul Winters, Vice-Président adjoint du FIDA.

