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Energie & Mines Afrique

Focus EMA (Ép. 3) : ICS et Cimenteries – La transparence face au défi de la redevabilité


Rédigé le 20 Mars 2026 à 13:25 | 0 commentaire(s) modifié le 20 Mars 2026 - 15:46


EMA - Derrière les félicitations du Conseil d'administration international ITIE se cachent des exigences de réformes qui touchent au cœur de l'industrie lourde sénégalaise.


Le 18 mars 2026 restera une date de célébration pour l'ITIE Sénégal avec une validation mondiale "Très Bonne". Pourtant, derrière les félicitations du Conseil d'administration international se cachent des exigences de réformes qui touchent au cœur de l'industrie lourde sénégalaise : les phosphates et le ciment. Pour EMA, le leadership ne se mesure pas seulement au score, mais à la capacité de corriger les failles qui coûtent des milliards à l'État.

Le paradoxe des ICS : champion du score, mais un préjudice de 1 075 milliards

Comment un pays peut-il être leader en transparence tout en découvrant un manque à gagner colossal de 1 075,9 milliards FCFA sur une seule convention minière ?
 
  • Le défi de la divulgation des contrats : L'ITIE internationale insiste sur la publication exhaustive des contrats et de leurs avenants. Le cas des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) démontre que des clauses fiscales "sans base légale" ont pu prospérer dans l'ombre des conventions passées.
  • La notification de recouvrement : L'État a désormais notifié 200 milliards FCFA de redevances impayées. C'est ici que la transparence devient "redevabilité" : les données de l'ITIE doivent servir de preuve pour récupérer le patrimoine national.

Cimenteries : vers un réalignement fiscal à 360 milliards par an

Le secteur du ciment est un autre test majeur pour la gouvernance sénégalaise. L'audit de la Primature, soutenu par la rigueur des données ITIE, révèle que le retour au régime fiscal de 2016 est une nécessité absolue.
 
  • L'enjeu : Un gain annuel projeté de 360 milliards FCFA.
  • La recommandation ITIE : Le Conseil d'administration félicite le Sénégal pour ses réformes sur la propriété effective. Savoir précisément qui détient les cimenteries est la première étape pour s'assurer que les bénéfices profitent à l'économie nationale et non à des structures opaques.
Les 3 défis post-validation identifiés par le Conseil d'administration ITIE

Bien que le Sénégal soit un "leader des déclarations robustes" , le CA international pointe des domaines où la performance reste "limitée" sur certaines exigences:
  1. La certification des volumes : La transparence ne suffit pas si les quantités extraites (phosphates, calcaire) ne sont pas certifiées de manière indépendante.
  2. Le suivi des recommandations : Le score de 89/100 ne doit pas freiner la mise en œuvre des mesures correctives demandées lors des précédentes validations.
  3. L'intégration des données : Passer des rapports annuels à une divulgation en temps réel pour éviter que les préjudices ne se chiffrent en milliers de milliards sur dix ans.
L'Analyse EMA

Le Sénégal est à la croisée des chemins. Nous avons l'outil (l'ITIE) et le score (89/100). Il reste maintenant à transformer ces "très bonnes performances" en actes juridiques fermes. La récupération des milliards des ICS et des cimenteries sera le véritable indicateur de succès de la Stratégie EMA 2.0 : une information qui protège les ressources du pays.
 
EMA



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