Le lancement de Kajom Capital, hier, par le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS) se présente comme une révolution dans l’accès à la propriété au Sénégal. Mais dans un pays où de pareille initiative – plan des 100.000 logements sous Macky Sall – ont souvent laissé un goût d’inachevé, une question s’impose : cette fois, fera‑t‑on réellement la différence ?
Une ambition séduisante
Kajom Capital propose un mécanisme de location‑vente inclusif, accessible même aux travailleurs de l’informel, soit près de 90 % de la population active. Le directeur général du FONSIS, Babacar Gningue, insiste : « Un commerçant à Sandaga ou un artisan à Ngaye Mékhé peut devenir propriétaire. » Sur le papier, l’innovation est réelle : transformer les loyers en épargne sécurisée et restituer une partie des sommes en cas d’interruption du contrat.
Des objectifs chiffrés mais ambitieux
La feuille de route prévoit 200 logements en 2026, puis 1 000 en 2027 et 2028, avant d’atteindre un rythme de 2 000 unités par an pour un total de 20 000 ménages propriétaires. Or, l’histoire récente invite à la prudence : le programme des 100.000 logements lancé sous Macky Sall n’a pas pu atteindre ses cibles, faute de financements, de maîtrise foncière et de coordination institutionnelle.
Les défis structurels
Une ambition séduisante
Kajom Capital propose un mécanisme de location‑vente inclusif, accessible même aux travailleurs de l’informel, soit près de 90 % de la population active. Le directeur général du FONSIS, Babacar Gningue, insiste : « Un commerçant à Sandaga ou un artisan à Ngaye Mékhé peut devenir propriétaire. » Sur le papier, l’innovation est réelle : transformer les loyers en épargne sécurisée et restituer une partie des sommes en cas d’interruption du contrat.
Des objectifs chiffrés mais ambitieux
La feuille de route prévoit 200 logements en 2026, puis 1 000 en 2027 et 2028, avant d’atteindre un rythme de 2 000 unités par an pour un total de 20 000 ménages propriétaires. Or, l’histoire récente invite à la prudence : le programme des 100.000 logements lancé sous Macky Sall n’a pas pu atteindre ses cibles, faute de financements, de maîtrise foncière et de coordination institutionnelle.
Les défis structurels
- Déficit chronique : plus de 320 000 logements manquants en 2013, un déficit qui pourrait dépasser 500 000 unités aujourd’hui.
- Inflation immobilière : tant que l’offre reste insuffisante, les loyers augmentent et grèvent le pouvoir d’achat des ménages.
- Fragmentation des acteurs : SICAP, SN HLM, Fonds de l’habitat social… autant d’institutions qui peinent à harmoniser leurs interventions.
- Financement fragile : la phase pilote repose sur le FONSIS et la Banque islamique du Sénégal, mais la pérennité dépendra de l’engagement massif des banques et investisseurs privés.
Entre promesse et scepticisme
Kajom Capital se veut une « clé » pour sortir du cycle du loyer éternel. Mais l’expérience montre que les promesses de logements sociaux se heurtent à des réalités tenaces : foncier rare, coûts de production élevés, lenteurs administratives et manque de suivi. Sans une gouvernance rigoureuse et une transparence totale, le risque est grand que Kajom rejoigne la longue liste des projets inachevés.
Kajom Capital incarne une vision audacieuse : rendre la propriété accessible à tous, y compris aux travailleurs de l’informel. Mais pour que cette initiative ne soit pas un mirage de plus, il faudra dépasser les écueils qui ont plombé les programmes précédents. La réussite dépendra moins des slogans que de la capacité à structurer une offre massive, viable et transparente. Car bâtir un toit, c’est bâtir une nation – mais encore faut‑il que ce toit existe réellement.

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