Le paradoxe extractif
Une fiscalité plus agressive
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- Dans le minier, les redressements douaniers bondissent de 88%, l’impôt sur les valeurs mobilières de 63%, la TVA de 53%.
- Dans les hydrocarbures, les retenues sur salaires progressent de 28%, les droits de douane de 47%.
👉 La DGID et la DGD captent plus de 80% des flux, preuve d’un contrôle fiscal renforcé.
Mais derrière cette montée fiscale, les flux sociaux et environnementaux s’effritent.
- Les paiements environnementaux miniers chutent de 27%.
- Les paiements sociaux volontaires hydrocarbures reculent de moitié.
- Seule ICS se distingue, avec près de 1 milliard FCFA versé en compensations locales (impenses agro-forestières, recasements).
Cette dynamique crée un paradoxe : plus de recettes pour l’État, mais moins de retombées directes pour les communautés. La fiscalité se durcit, mais la gouvernance sociale s’affaiblit. Le risque est clair : une acceptabilité sociale fragilisée, source potentielle de tensions autour des projets extractifs.
La transparence extractive ne peut se limiter aux chiffres budgétaires. Elle doit aussi rendre visibles les compensations sociales et environnementales. Sans ce rééquilibrage, le secteur extractif risque de perdre sa légitimité auprès des populations qui vivent au quotidien ses impacts.
Le Sénégal doit désormais conjuguer deux impératifs : maximiser ses recettes et renforcer la gouvernance sociale. L’un sans l’autre serait une victoire à moitié.





