La dictature des chiffres à l'ère des hydrocarbures
L'entrée effective du Sénégal dans le cercle des pays producteurs d'hydrocarbures (marquée par l'exploitation des projets phares de Sangomar et de Grand Tortue Ahmeyim - GTA) reconfigure en profondeur la structure de l'économie nationale. Pour les bailleurs de fonds, les marchés financiers, les sous-traitants locaux et les citoyens, la mesure de la richesse créée ne peut plus s'effectuer selon les grilles de lecture traditionnelles.
Entre les agrégats macroéconomiques globaux, les déclarations des compagnies extractives et les statistiques du commerce extérieur, l'analyste non averti s'expose à des pièges de lecture. Pourquoi observe-t-on des décalages récurrents entre les valeurs d'exportation enregistrées par les Douanes et celles des compagnies étrangères du secteur extractif publiées dans les rapports de conciliation de l'ITIE ? Comment l'économie sénégalaise mesure-t-elle la performance de ses secteurs traditionnels face au choc de la rente pétro-gazière ?
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