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Mutation extractive : du minier dominant aux hydrocarbures émergents


Rédigé le 2 Février 2026 à 11:38 | 0 commentaire(s) modifié le 3 Février 2026 - 16:53

Massamba Ndakhté Gaye
Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations... En savoir plus sur cet auteur

EMA - Les hydrocarbures, longtemps considérées comme une promesse lointaine, s’imposent désormais comme un acteur majeur.


Le récit d’une bascule

Pendant des décennies, l’économie extractive sénégalaise s’est construite sur un socle minier solide. L’or de Sabodala, le ciment de SOCOCIM et Ciments du Sahel (CDS), les phosphates de Thiès, le zircon de Diogo… autant de ressources qui ont façonné les finances publiques et nourri les débats sur la gouvernance.

Mais 2024 marque une rupture. L'analyse des données du rapport 2024 ITIE Sénégal relatifs aux revenus extractifs montre que les hydrocarbures, longtemps considérés comme une promesse lointaine, s’imposent désormais comme un acteur majeur. En un an, leurs revenus ont bondi de 141%, passant de 33 milliards à près de 80 milliards FCFA.

Le minier, toujours pilier mais en ralentissement

Le secteur minier reste dominant : 82% des revenus globaux proviennent encore de ses multiples acteurs. Sabodala Gold Operations conserve la première place, mais recule légèrement. Petowal Mining Company, elle, progresse fortement, illustrant une redistribution interne. Les flux miniers sont diversifiés – impôts, TVA, redevances, dividendes – mais leur croissance plafonne à +8%.

L’émergence énergétique

Face à ce socle minier, les hydrocarbures surgissent avec force. Trois majors – Woodside Energy, BP Sénégal et BP Mauritanie – concentrent presque tout. Les projets gaziers RSSD et GTA deviennent des piliers budgétaires. Les flux sont concentrés sur les retenues fiscales et les droits de douane, révélant une fiscalité directe et commerciale.

Une nouvelle dépendance

Le Sénégal entre dans une ère de double dépendance : mines et hydrocarbures. Si le minier reste le socle, l’énergie devient le futur. Mais cette mutation pose des questions : comment gérer la volatilité des prix mondiaux, sécuriser les contrats, et éviter que quelques majors ne dictent l’équilibre budgétaire ?

L’histoire du secteur extractif sénégalais est en train de s’écrire à deux voix : celle des mines qui structurent, et celle des hydrocarbures qui émergent.
 



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