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Ressources extractives sénégalaises : fiscalité renforcée, gouvernance sociale en retrait


Rédigé le 2 Février 2026 à 11:39 | 0 commentaire(s) modifié le 3 Février 2026 - 16:47

Massamba Ndakhté Gaye
Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations... En savoir plus sur cet auteur

EMA - Si l’État sénégalais renforce sa main fiscale, il reste des efforts à faire au niveau des paiements sociaux et environnementaux en reculade.


Le paradoxe extractif

Le Rapport ITIE 2024 raconte une histoire contrastée. D’un côté, l’État sénégalais renforce sa main fiscale : impôts, redressements, taxes explosent. De l’autre, les paiements sociaux et environnementaux reculent, laissant planer un doute sur l’équilibre entre recettes budgétaires et acceptabilité sociale.

Une fiscalité plus agressive

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
  • Dans le minier, les redressements douaniers bondissent de 88%, l’impôt sur les valeurs mobilières de 63%, la TVA de 53%.
  • Dans les hydrocarbures, les retenues sur salaires progressent de 28%, les droits de douane de 47%.
    👉 La DGID et la DGD captent plus de 80% des flux, preuve d’un contrôle fiscal renforcé.
Le recul du social et environnemental

Mais derrière cette montée fiscale, les flux sociaux et environnementaux s’effritent.
  • Les paiements environnementaux miniers chutent de 27%.
  • Les paiements sociaux volontaires hydrocarbures reculent de moitié.
  • Seule ICS se distingue, avec près de 1 milliard FCFA versé en compensations locales (impenses agro-forestières, recasements).
Un déséquilibre inquiétant

Cette dynamique crée un paradoxe : plus de recettes pour l’État, mais moins de retombées directes pour les communautés. La fiscalité se durcit, mais la gouvernance sociale s’affaiblit. Le risque est clair : une acceptabilité sociale fragilisée, source potentielle de tensions autour des projets extractifs.

La transparence extractive ne peut se limiter aux chiffres budgétaires. Elle doit aussi rendre visibles les compensations sociales et environnementales. Sans ce rééquilibrage, le secteur extractif risque de perdre sa légitimité auprès des populations qui vivent au quotidien ses impacts.

Le Sénégal doit désormais conjuguer deux impératifs : maximiser ses recettes et renforcer la gouvernance sociale. L’un sans l’autre serait une victoire à moitié.
 



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