Le Groupe Intergouvernemental d'Action contre le Blanchiment d'Argent en Afrique de l'Ouest (GIABA), institution spécialisée de la CEDEAO basée à Dakar, intensifie sa stratégie de communication. L'organisation a annoncé le lancement d'une mission de plaidoyer et de sensibilisation de deux jours à Abuja, au Nigeria, les 24 et 25 mars 2026.
Cette initiative, qui cible directement les rédactions et les journalistes de la sous-région, vise un objectif clair : transformer les médias en véritables remparts contre les flux financiers illicites.
Création de « Points Focaux » dans les rédactions
L'innovation majeure de cette mission réside dans la volonté du GIABA d'établir des « Desk Officers » (Points Focaux) permanents au sein des maisons de presse. Pour le GIABA, le journaliste n'est plus un simple observateur, mais un partenaire stratégique capable d'éduquer les citoyens sur l'impact dévastateur du blanchiment d'argent (ML) et du financement du terrorisme (TF).
« Les médias jouent un rôle critique dans la promotion de la bonne gouvernance et garantissent que les responsables de pratiques corrompues soient dénoncés », souligne le communiqué officiel. En impliquant 25 journalistes de haut niveau lors d'un atelier interactif, le GIABA espère placer les enjeux de conformité au cœur du débat public.
Un enjeu crucial pour le secteur extractif
Pour un média spécialisé comme Énergie & Mines Afrique (EMA), cette offensive du GIABA résonne avec une acuité particulière. Les industries extractives, par l'ampleur des flux financiers qu'elles génèrent, sont souvent exposées à des risques de criminalité financière.
La transparence des contrats, la traçabilité des revenus miniers et la lutte contre les circuits financiers opaques sont des piliers essentiels pour que les ressources naturelles profitent réellement aux populations ouest-africaines. En renforçant les capacités des journalistes, le GIABA s'attaque indirectement aux zones d'ombre qui peuvent entourer certains projets de grande envergure.
Une approche holistique
Initialement portée par les forces de l'ordre et les régulateurs, la lutte contre le blanchiment d'argent s'élargit désormais aux entités non traditionnelles. Sous l'impulsion de son directeur général, le GIABA adopte une approche multidisciplinaire.
Cette mission à Abuja n'est qu'une étape d'un plaidoyer de haut niveau visant à engager toutes les parties prenantes — des décideurs politiques aux chefs de rédactions — dans la sécurisation de l'espace financier de la CEDEAO.

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