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Energie & Mines Afrique


« En attendant Dieu » : chronique d’un déplacement climatique prolongé à Saint-Louis


Rédigé le 30 Août 2025 à 20:39 | 0 commentaire(s) modifié le 31 Août 2025 - 16:05

Massamba Ndakhté Gaye
Ndakhté M. GAYE est un journaliste d'investigation engagé dans le suivi citoyen des obligations... En savoir plus sur cet auteur

EMA/Août 2025 - Le rapport d’août 2025 de Human Rights Watch révèle les violations persistantes des droits des personnes déplacées et l’absence de solution durable.


Depuis 2016, près de 1 000 personnes déplacées par les inondations côtières vivent à Khar Yalla (littéralement "en attendant Dieu", un site temporaire devenu symbole d’abandon. Le rapport d’août 2025 de Human Rights Watch révèle les violations persistantes de leurs droits et l’absence de solution durable. Ce dossier revient sur les enjeux humains, politiques et climatiques d’un déplacement prolongé à Saint-Louis.

📍 Khar Yalla : un site d’attente devenu lieu de précarité
Situé à la sortie de Saint-Louis, Khar Yalla accueille depuis près de dix ans des familles de pêcheurs déplacées par les inondations de 2015–2016. Issues de la Langue de Barbarie, elles ont perdu leurs maisons, leur mode de vie et leur proximité communautaire.

🌊 Une réinstallation sans planification ni droits garantis
Transférées dans des logements issus d’un projet avorté, les familles espéraient une solution durable. Mais aucune des trois options reconnues par les normes internationales — retour, intégration locale ou relocalisation — n’a été mise en œuvre. Le rapport souligne l’absence de consultation et la précarité prolongée.

>⚠️ Conditions de vie : entre violations et invisibilisation
Les habitants vivent sans électricité, sans assainissement, dans des logements non modifiables. Un tiers des enfants ne sont pas scolarisés, les revenus ont chuté, et l’accès aux soins est quasi inexistant. Les permis d’occupation sont temporaires et révocables.

🧭 Le paradoxe du SERRP : inclusion sélective et inégalités
Le projet SERRP, financé par la Banque mondiale, a permis la relocalisation de familles déplacées en 2017–2018 à Djougop, un site doté de services essentiels. Mais les familles de Khar Yalla ont été exclues, parfois niées dans leur statut de déplacés.

🌍 Conclusion : Khar Yalla, miroir d’un défi climatique et humain
Le Sénégal a montré une volonté politique rare en matière de réinstallation planifiée. Mais pour devenir un leader régional, il doit transformer cette volonté en actions concrètes, inclusives et respectueuses des droits. Khar Yalla ne doit plus être un symbole d’attente, mais le point de départ d’une politique climatique humaine et durable.



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